Jeudi 11 décembre 2008
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Thriller (on rappelera que to thrill signifie "trésaillir" ou encore "frémir") à tonalité science-fictionnesque britannique de 1960, où suite à un coma généralisé dans la bucolique ville de Midwich, douze femmes se retrouvent enceintes simultanément, fécondées vraisemblablement par un extra-terrestre pervers n'ayant pas hésité à abuser d'elles durant leurs sommeils prolongés. Et quelques mois après une période de gestation réduite, douze petites têtes blondes vont naître, douze enfants dotés de pouvoirs surhumains, dont la télépathie coercitive ainsi qu'une forme de cognitivté synchronique qui permet à onze d'entre eux d'aller jouer au Foot tandis qu'un seul étudie pour tous, douze enfants qui vont peu à peu inspirer la terreur au sein du paisible village anglais. Heureusement le héros, un quinquagénaire à l'esprit positiviste et à la tolérance exacerbée envers ces extra-terrestres d'apparence humaine, va accepter sa faute et se sacrifier pour mettre fin à l'horreur naissante, et par la même boucler l'histoire.
Oeuvre intelligente et cohérente dans sa narration, le village des damnés interroge quant à la dégénerescence d'un genre cinématographique qu'est le thriller, et par extension du cinéma de divertissement misant sur la peur et la crainte, quand l'adolescent en est devenu le spectateur principal. Effectivement, le film visionné aujourd'hui marque dans cette absence de représentation d'une Jeunesse héroïque, adolescente ou jeune adulte, devancée par une Sagesse sacrificielle.
Il ne s'agit plus alors de simplement effrayer Margaux, mais de contenter Kevin dans sa consommation symbolique de pop-corn. Surenchère d'effets spéciaux au détriment d'une certaine inventivité de l'histoire, les films du genre deviennent peu à peu les mêmes, réitérations d'une même histoire où le jeune ado, de type wasp parvient à se sortir in extremis du massacre narratif où le quota exotique meurt toujours en premier en lachant un dernier "motherfucka", tout en parvenant à synthétiser la dialectique du coit latente dans la jeune blonde esseulée et sans défense qui n'attendait que lui. Seule l'ornemanture visuelle évolue vers le toujours plus, de sang, d'explosions, de cadavres, de seins nus etc...
Alors autant on peut accepter le manichéisme moral du cinéma pour enfants, palliatif aux traditionnels contes du soir, autant le cinéma à clientèle adolescente s'est condamné à l'inanité d'une période de la vie qui n'est que découverte ontologique de la masturbation.
L'adolescence, l'âge con par essence, devenu tout puissant par extension des marchés du divertissement vers tous les Kevins du monde occidental. L'adolescence critique, l'illusion d'un Capitalisme repoussant l'inéluctable baisse tendantielle de son taux de profit.
main brûlée de Prométhée
boîte de Pandore (fermée)