Vendredi 19 décembre 2008
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L'adolescent, inédite construction éidétique du XXème siècle, effraie et intrigue.
CAS 1 : El rey de la montana (Les Proies), apprentissage virtuel et frags réels.

CAS 2 : Eden Lake, l'adolescent en deça de toute morale

Contrairement au film précédent, l'adolescent agit ici dans un cadre socio-éthique renvoyant indubitablement au comportement de la bête sauvage, plutôt que dans le transfert d'un apprentissage virtuel dans le réel. Structurée sur des bases grégaires où l'ordre hiérachique se nivelle sur la violence du mâle alpha, la "meute" adolescente ne voit pas les conséquences de ses actes. Le meurtre devient ainsi un simple acte de cruauté animale, où le fort tue le faible parce qu'il le peut, tout bêtement.
Abandonné par l'irresponsabilité de parents dont les soucis quotidiens ne permettent plus l'éducation morale, l'adolescent est donc laissé libre de ses actes hors d'un périmètre d'autorité concentré uniquement entre les murs du foyer familial et dans la présence du Père. L'Extérieur devient ainsi la zone de non-droit où s'exerce alors le bon vouloir et le plaisir de la meute.
La nature, la forêt en l'occurence, délaissée par l'adulte devient donc le terrain de jeu privilégié d'une impavide soif de sang. Incontrolables, ces adolescents ne voient pourtant qu'un jeu dans cette chasse à l'homme où la survie ne tient qu'à une improbable et inopinée cachette, quand la Raison l'emporte sur l'Instinct. Mais cette victoire n'est que momentanée quand l'Instinct s'avère infatiguable et borné.
Que faut-il alors condamner ? Les parents ? L'adolescent ? ou bien la nature humaine qui sans les oeillères de la nécessité morale n'est que sauvagerie et haine de l'Autre-différent, n'en déplaise à Rousseau.
L'Adolescent effraie pour la Liberté en deça de toute morale qu'il peut incarner, pourtant il est l'Adulte de demain, n'y a t-il donc pas des valeurs essentielles à lui transmettre plutôt que fuir la responsabilité de la Sagesse dans le retranchement consumériste d'un monde sans âme.
Ce n'est pas peu de le dire, il suffit pour cela de constater le micro-capitalisme qui s'est créé uniquement sur le marché de la question adolescente, pour les parents mais également pour cette
population ado à qui l'on présume désormais une forme embryonnaire de jugement esthétique, acquise dans l'affirmation d'un caratère individuel et l'expérimentation de l'Autre.
Ce moment dans la vie humaine qui auparavant n'était que le passage éphémère de l'enfance à l'âge adulte, à travers certaines découvertes de la réalité du monde, sexe, mort et travail principalement, est maintenant devenu une période intégralement autonome dans la vie d'une personne.
Gonglé artificiellement par diverses croyances d'un enfant-adulte déresponsabilisé au possible, baignant dans l'oisiveté et l'absence téléologique, seul à même de profiter véritablement de la pacification (de la dégénesrecence ?) intellectuelle de nos sociétés, l'adolescent s'est donc imposé comme force socioculturelle.
Et bien que chaotique dans ses formes d'expression, l'adolescence semble aujourd'hui être devenue le point de départ d'une certaine vitalité ingénue face à un système coercitif encore invisible et une autorité pervasive encore imperceptible. D'où cette rebellion en guise d'essentialisme, rebellion qui semble trouver son apothéose dans le suicide, renonciation absolu à l'idée de grandir dans un monde à jamais dystopique.
Bref, l'adolescent est un bien curieux personnage qui, adapté aux fonctions narratives du cinéma, peut aboutir à la conception d'un véritable monstre d'inhumanité et d'amoralité au doux visage juvénile.
Ce moment dans la vie humaine qui auparavant n'était que le passage éphémère de l'enfance à l'âge adulte, à travers certaines découvertes de la réalité du monde, sexe, mort et travail principalement, est maintenant devenu une période intégralement autonome dans la vie d'une personne.
Gonglé artificiellement par diverses croyances d'un enfant-adulte déresponsabilisé au possible, baignant dans l'oisiveté et l'absence téléologique, seul à même de profiter véritablement de la pacification (de la dégénesrecence ?) intellectuelle de nos sociétés, l'adolescent s'est donc imposé comme force socioculturelle.
Et bien que chaotique dans ses formes d'expression, l'adolescence semble aujourd'hui être devenue le point de départ d'une certaine vitalité ingénue face à un système coercitif encore invisible et une autorité pervasive encore imperceptible. D'où cette rebellion en guise d'essentialisme, rebellion qui semble trouver son apothéose dans le suicide, renonciation absolu à l'idée de grandir dans un monde à jamais dystopique.
Bref, l'adolescent est un bien curieux personnage qui, adapté aux fonctions narratives du cinéma, peut aboutir à la conception d'un véritable monstre d'inhumanité et d'amoralité au doux visage juvénile.
CAS 1 : El rey de la montana (Les Proies), apprentissage virtuel et frags réels.

Encore une fois, ce n'est pas tant la qualité globale du film qui nous intéresse, bien que celui-ci soit très bon pour qui s'y retrouve, mais plutôt ce surgissement, au sein de la construction
mythologie d'une époque, de l'adolescent comme assassin de sang froid, impavide face à l'idée même de la Mort. Synchronisme entre une représentation du monde dénaturée par le virtuel et une
conception athée-nihiliste de l'Humanité, l'Adolescent n'est ici qu'une conséquence dialectique d'un système générateur d'inhumanités et d'amoralités.
A Dieu et à l'Homme mis à mort par la pensée succède la mort de la Vie même, puisque pour ces personnages adolescents, celle-ci n'existe que résiduellement à l'espace virtuel du jeu vidéo où l'ensemble de leurs affectivités se plongent sans autre finalité que l'éternel recommencement de la même partie. La vie devient alors une partie de Counter-Strike transférée dans le réel où le frag-meurtre est immortalisé grâce au à l'appareil photo du portable. Le jeu vidéo a rendu le monde hypothétiquement jouable, mais pour qui ?
Et c'est donc toute la subtilité du film de nous cacher durant toute la première partie l'identité des tueurs, pour d'un seul coup permuter totalement de perspective en accompagnant le point de vue des ados durant la seconde partie de l'histoire. Incroyable stupéfaction alors de découvrir ces quasi-enfants en lieu et place des convenus chasseurs psychopathiques des forêts.
Twist basculant notre échelle de moralité, puisque si l'on admet que la folie n'est pas responsable de ses actes, peut-on affirmer la même chose pour l'adolesent ? Une question qui semble être au coeur de l'actualité sociétale (que ce mot est laid). De même, la mise à mort par l'adulte de l'adolescent tueur est-elle justifiable et par la même justiciable ? Cette figure d'adolescent déviant semble désormais nous prévenir de l'imminence d'une incommunicabilité irrémédiable dans le fonctionnement interne de la Société, la faute à une technologie discriminante répandant des valeurs générationnelles plutôt qu'universelles.
Alors à l'enfant abandonné à l'absence de repères moraux et de codes sociaux,antérieurs, que reste t-il si ce n'est l'appétit d'une satisfaction onaniste et dégagée de toute responsabilité spirituelle (je me pense donc je suis avant tous les Autres). En apprenant à ne pas écouter, qu'apprend t-on ? Que vaut un parent face à Internet ? Pourquoi le PSG a t-il engagé Kezman ?
A Dieu et à l'Homme mis à mort par la pensée succède la mort de la Vie même, puisque pour ces personnages adolescents, celle-ci n'existe que résiduellement à l'espace virtuel du jeu vidéo où l'ensemble de leurs affectivités se plongent sans autre finalité que l'éternel recommencement de la même partie. La vie devient alors une partie de Counter-Strike transférée dans le réel où le frag-meurtre est immortalisé grâce au à l'appareil photo du portable. Le jeu vidéo a rendu le monde hypothétiquement jouable, mais pour qui ?
Et c'est donc toute la subtilité du film de nous cacher durant toute la première partie l'identité des tueurs, pour d'un seul coup permuter totalement de perspective en accompagnant le point de vue des ados durant la seconde partie de l'histoire. Incroyable stupéfaction alors de découvrir ces quasi-enfants en lieu et place des convenus chasseurs psychopathiques des forêts.
Twist basculant notre échelle de moralité, puisque si l'on admet que la folie n'est pas responsable de ses actes, peut-on affirmer la même chose pour l'adolesent ? Une question qui semble être au coeur de l'actualité sociétale (que ce mot est laid). De même, la mise à mort par l'adulte de l'adolescent tueur est-elle justifiable et par la même justiciable ? Cette figure d'adolescent déviant semble désormais nous prévenir de l'imminence d'une incommunicabilité irrémédiable dans le fonctionnement interne de la Société, la faute à une technologie discriminante répandant des valeurs générationnelles plutôt qu'universelles.
Alors à l'enfant abandonné à l'absence de repères moraux et de codes sociaux,antérieurs, que reste t-il si ce n'est l'appétit d'une satisfaction onaniste et dégagée de toute responsabilité spirituelle (je me pense donc je suis avant tous les Autres). En apprenant à ne pas écouter, qu'apprend t-on ? Que vaut un parent face à Internet ? Pourquoi le PSG a t-il engagé Kezman ?
CAS 2 : Eden Lake, l'adolescent en deça de toute morale

Contrairement au film précédent, l'adolescent agit ici dans un cadre socio-éthique renvoyant indubitablement au comportement de la bête sauvage, plutôt que dans le transfert d'un apprentissage virtuel dans le réel. Structurée sur des bases grégaires où l'ordre hiérachique se nivelle sur la violence du mâle alpha, la "meute" adolescente ne voit pas les conséquences de ses actes. Le meurtre devient ainsi un simple acte de cruauté animale, où le fort tue le faible parce qu'il le peut, tout bêtement.
Abandonné par l'irresponsabilité de parents dont les soucis quotidiens ne permettent plus l'éducation morale, l'adolescent est donc laissé libre de ses actes hors d'un périmètre d'autorité concentré uniquement entre les murs du foyer familial et dans la présence du Père. L'Extérieur devient ainsi la zone de non-droit où s'exerce alors le bon vouloir et le plaisir de la meute.
La nature, la forêt en l'occurence, délaissée par l'adulte devient donc le terrain de jeu privilégié d'une impavide soif de sang. Incontrolables, ces adolescents ne voient pourtant qu'un jeu dans cette chasse à l'homme où la survie ne tient qu'à une improbable et inopinée cachette, quand la Raison l'emporte sur l'Instinct. Mais cette victoire n'est que momentanée quand l'Instinct s'avère infatiguable et borné.
Que faut-il alors condamner ? Les parents ? L'adolescent ? ou bien la nature humaine qui sans les oeillères de la nécessité morale n'est que sauvagerie et haine de l'Autre-différent, n'en déplaise à Rousseau.
L'Adolescent effraie pour la Liberté en deça de toute morale qu'il peut incarner, pourtant il est l'Adulte de demain, n'y a t-il donc pas des valeurs essentielles à lui transmettre plutôt que fuir la responsabilité de la Sagesse dans le retranchement consumériste d'un monde sans âme.



